Sébastien a intégré l’agence Erilia de Montpellier en juin dernier, à la fin du premier confinement. Contexte inédit pour un profil atypique qui poursuit un parcours professionnel rare malgré son handicap.

 

Légende (de gauche à droite) : Sébastien Robin, gestionnaire d’immeuble et Bruno Favre, Directeur de l’agence Erilia de Montpellier.

 

Atteint d’une malformation congénitale de la main droite, Sébastien est gestionnaire d’immeubles à Nîmes, dans la résidence « Les logis du Languedoc », classée en quartier prioritaire. Après une tentative vaine pour rejoindre l’armée et plusieurs années comme assistant commercial sur un site pétrolier, il nous raconte son intégration chez Erilia, à poste manuel et de contacts.

 

Pourquoi avez-vous postulé comme gestionnaire d’immeubles ?

Je souhaitais évoluer dans un métier avec du sens, avec un impact social. Être utile au quotidien, auprès de personnes qui en ont vraiment besoin me motivait avant tout, et Erilia, au travers de sa mission d’intérêt général, m’offrait cette opportunité.

 

Comment avez-vous été accueilli au sein d’Erilia ?

Généralement, quand on vous voit arriver, on se dit qu’il va vous falloir des horaires aménagés ou que vous êtes moins performant. C’est un stéréotype. Chez Erilia, dès mon entretien avec mon directeur, ce regard qui préjuge avant de dialoguer était absent. J’ai perçu de la bienveillance et de l’intérêt pour mes compétences et mon potentiel. Et puis en tant que bailleur social, Erilia détient cette culture de la diversité.

 

Quel regard portent les locataires sur votre handicap ?

Les locataires et notamment les enfants sont curieux, ils me posent des questions au sujet de mon handicap, ce qui me permet d’amorcer le dialogue et de rapidement créer un lien. Je trouve que les habitants sont finalement beaucoup plus inclusifs, alors que nous sommes à Valdegour dans un quartier considéré comme difficile.

 

 

Gestionnaire d’immeubles c’est un métier manuel. Ma première réaction a été de me demander s’il n’y avait pas eu une erreur d’aiguillage et j’espérais ne pas lui avoir donné rendez-vous pour rien ! Au fil de l’entretien, j’ai senti que Sébastien était déterminé et animé d’une grande motivation en plus des compétences requises indiquées sur son CV.

Le handicap est une école de management. Embaucher une personne handicapée, nécessite de regarder au-delà du diplôme et de la forteresse que constitue le handicap. Il oblige aussi à considérer les goûts, le potentiel du candidat. Cela apprend à voir une personne dans toutes ses dimensions. Et la présence d’une personne en situation de handicap dans une équipe peut conduire aussi à mieux s’organiser. C’est une situation qui crée des solidarités.

BRUNO FAVRE

Directeur de l'agence Erilia Montpellier